
Des producteurs biologiques pour qui le sol passe avant tout…
Les Oellinger tirent parti des programmes de subvention
afin d’améliorer leurs terres
par Nancy Tilt, Association pour l’amélioration
des sols et des récoltes, 1er mai 2007
Tous les agriculteurs savent qu’un sol en bonne santé est
l’élément essentiel de toute exploitation agricole.
Équilibré en minéraux, air, eau, matière organique,
micro-organismes et autres êtres vivants, un sol sain est un organisme
en soi. Du point de vue de l’agriculteur certifié biologique,
il mérite les plus grands égards et des soins constants.
Agriculteurs certifiés biologiques depuis une dizaine d’années,
Eric et Maria Oellinger, de Belleterre Farms à Paincourt, près
de Chatham, sont conscients des avantages d’un sol en bonne santé
et de bonnes ressources hydriques. Sur 155 hectares, ils cultivent de
l’épeautre bio, plusieurs variétés de soja
de qualité alimentaire et du maïs destiné au bétail
et à l’alimentation humaine.
La ferme Oellinger commercialise elle-même ses récoltes
et traite directement avec les acheteurs.
Originaires d’Autriche, les Oellinger sont arrivés au Canada
il y a 19 ans. Après deux années d’agriculture classique,
ils décidèrent d’opter pour l’agriculture certifiée
biologique.
Ils s’inspiraient en cela de leur pays natal et de ses 12 p. 100
de fermes certifiées bio, une des proportions les plus élevées
au monde.
Il y a une dizaine d’années, M. Oellinger a commencé
par établir un Plan de ferme environnemental (PFE) pour son exploitation
– récemment, il présentait la troisième version
de ce plan, ce qui le rend admissible aux subventions offertes par les
programmes à frais partagés du Plan agroenvironnemental
Canada-Ontario.
Ces programmes sont offerts par Agriculture et Agroalimentaire Canada
et le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires
rurales de l’Ontario en vertu du Cadre stratégique pour l’agriculture
(CSA), une initiative des gouvernements fédéral, provinciaux
et territoriaux. Les demandes et l’approbation des programmes à
frais partagés sont du ressort de l’Association pour l'amélioration
des sols et des récoltes de l'Ontario (OSCIA).
Durant l’année 2006, M. Oellinger a pris part à trois
de ces programmes : le Programme de gérance agroenvironnementale
Canada-Ontario (PGACO), le Programme de couverture végétale
du Canada (GC) et la catégorie 1 du Programme d’approvisionnement
en eau Canada-Ontario (PAECO).
M. Oellinger recourt à une gamme variée de liquides biologiques,
essentiellement des « aliments végétaux », pour
ses cultures. Certains sont des traitements foliaires favorisant la croissance,
d’autres servent à lutter contre les maladies, et leur préparation
exige une source d’eau propre et non polluée. La ferme pourrait
s’approvisionner au réseau d’aqueduc municipal qui
l’entoure, mais le chlore et le fluor détruiraient les bactéries
utiles entrant dans la préparation des solutions biologiques.
Grâce au PAECO, les Oellinger ont pu creuser un nouveau puits de
27 m de profondeur dans le schiste argileux du sous-sol de leurs terres.
Pendant la saison de croissance, ils sont ainsi en mesure de maintenir
un réservoir de 5500 litres d’eau tiédie par le soleil
et disponible selon leurs besoins.
Ils se servent également de cette eau pour le compostage. Ils
compostent du fumier provenant de fermes de la région en l’arrosant
d’eau et d’une émulsion de poisson afin d’accélérer
le processus. Le PAECO couvre 33 p. 100 des coûts admissibles associés
à l’installation à des fins agricoles d’un nouveau
puits, jusqu’à concurrence de 5000 $.
« Avec les méthodes biologiques d’agriculture, je
consomme moins d’eau qu’en agriculture classique, il y a donc
également des avantages sur le plan de la conservation de l’eau
», souligne Eric Oellinger.
La catégorie 1 du PAECO a remporté un franc succès
auprès des producteurs ontariens dès son lancement en septembre
2005. En moins d’un an, le budget consacré aux projets agricoles
avait été entièrement distribué.
Conscient que les demandes allaient se multiplier, le partenariat constitué
d’AAC, de l’OMAFRA et de l’Ontario Farm Environmental
Coalition est parvenu à assurer 2,2 autres millions de dollars
à la poursuite de cette initiative, permettant ainsi de doubler
le budget initial du programme ontarien.
Les rotations de cultures, le compostage et la culture intercalaire sont
quelques-unes des méthodes d’agriculture durable utilisées
par les Oellinger : « Nous travaillons avec la nature à renforcer
la santé globale de notre ferme. Et nous commençons par
le sol. Favoriser la vie du sol améliore sa santé; et un
sol sain donne des végétaux et des animaux sains…
et des gens en bonne santé! »
Les cultures de couverture améliorent la matière organique
du sol, retiennent l’azote pendant l’hiver et diminuent l’érosion.
Le Programme de gérance agro-environnementale Canada-Ontario (catégorie
15) a donc permis aux Oellinger d’acheter des semences de seigle
et de trèfle destinées à leurs rotations de cultures
de couverture. Cette catégorie couvre 30 p. 100 des dépenses
jusqu’à concurrence de 5000 $.
« Je fais analyser mon sol tous les trois ans par un laboratoire
indépendant, et les analyses montrent que l’équilibre
nutritif des sols s’améliore d’année en année.
Cela me permet également de savoir où nous pouvons encore
apporter des améliorations », précise M. Oellinger.
Tirant également profit d’une technologie allemande, les
Oellinger utilisent un semoir monté sur ce qui est essentiellement
un motoculteur de grande taille qui travaille le sol en fonction des résidus
de culture, sème et enfouit les graines en un seul passage. Cette
méthode réduit la perturbation et le compactage du sol.
Le programme de frais partagés de la catégorie 14 (Amélioration
des systèmes de culture) du PGACO offre 30 p. 100 du coût
des équipements spécialisés de semis directs jusqu'à
un maximum de 15 000 $.
« L’agriculture biologique tient aussi compte des interrelations
entre la ferme et le milieu naturel environnant », rappelle Eric
Oellinger. Il n’est donc pas surprenant que son intérêt
pour la gérance s’étende au-delà des limites
des terres de l’exploitation.
À titre de membre du conseil de gérance Chatham-Kent du
ministère des Ressources naturelles, il coopère actuellement
à l’établissement d’un couvert forestier et
à la restauration des milieux humides où cela est possible
dans toute la région de Chatham-Kent.
Cette activité est en lien direct avec le quatrième projet
à frais partagés des Oellinger dans le cadre du Programme
de couverture végétale du Canada (catégorie 19).
Leur objectif est de planter des arbres sur tout le pourtour de leurs
terres. Mille arbres plantés chaque année créent
des brise-vents et améliorent le microclimat propice aux cultures.
Ce programme qui couvre 50 p. 100 des coûts jusqu’à
un maximum de 10 000 $ a permis aux Oellinger d’ajouter 2600 arbres
à leurs propres efforts de plantation.
« Je préfère le thuya occidental parce que je peux
semer très près sans qu’il entre en concurrence avec
mes cultures pour les éléments nutritifs », explique-t-il.
Eric Oellinger résume la philosophie qui sous-tend ses activités
agricoles et son respect pour la terre assez simplement : « Nous
devrions cultiver la terre pour la laisser en meilleur état qu’on
l’a trouvée. »
Le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC) remercie l'
Ontario Farmer
de lui avoir permis de reproduire cet article sur son site Web.
English
Affiché en septembre 2007
|