
Un aperçu de la communauté biologique
par Margaret Savard
L’agriculture biologique est une étude de la complétude;
une façon de cultiver où les processus sont interreliés
et interdépendants. Elle s’épanouit poussée
par la vigueur et l’équilibre de ses parties constituantes.
Étant originaire du nord de la Nouvelle-Écosse, je réfléchissais
au mouvement biologique en route de Truro vers la conférence d’ACORN,
laissant derrière moi le limon rouge foncé des marais de
Trantramar, gardiens de la mémoire collective acadienne. Je songeais
aux agriculteurs acadiens érigeant les digues, cultivant le foin
et nourrissant leurs familles. Ils ont survécu et prospéré
en se respectant les uns les autres et en vénérant la terre.
La communauté et la coopération formaient les pierres angulaires
de leur vie rurale réussie.
L’agriculture biologique est également une affaire de collaboration.
Cela commence par le sol. Des milliards de microbes, d’organismes
et d’éléments minuscules qui s’allient pour
alimenter les cultures. Les agriculteurs biologiques favorisent ce processus
en veillant à ce que le sol soit entouré de soins afin qu’il
puisse subvenir aux besoins de leur famille et de celle de leurs clients,
la famille élargie. L’agriculteur n’emploie pas de
pesticides ni d’engrais synthétiques et donne au sol les
nutriments dont il a besoin pour soutenir un écosystème
de cultures fécond. C’est un mouvement qui s’est transformé
en industrie. ACORN est un organisme important qui facilite le réseautage
au sein de ce groupe de personnes aussi vaste que diversifié.
La conférence d’ACORN (Atlantic Canadian Organic Regional
Network) s’est tenue, cette année, au centre de villégiature
de Memramcook, au Nouveau-Brunswick, qui était autrefois l’Université
Saint-Joseph et, à l’origine, le séminaire Saint-Thomas,
l’un des derniers bastions de la culture acadienne. J’ai assisté
à la deuxième journée de cette conférence
de trois jours.
À mon arrivée, l’ordre du jour s’est dessiné
rapidement : un salon professionnel biologique, une galerie de la recherche
créée par le Centre d’agriculture biologique du Canada
ainsi que des séminaires et des ateliers destinés aux agriculteurs,
allant de la fabrication du fromage biologique à la manipulation
(des denrées) après la récolte. Des gens d’affaires
qui venaient d’aussi loin que la Colombie-Britannique, des conférenciers
du Québec et du Maine, des agriculteurs et des chercheurs locaux,
de même que de petites entreprises et de gros distributeurs étaient
présents. Ils ont échangé de l’information,
discuté de l’industrie biologique, résolu des problèmes
et mis de nouveaux défis sur la table. Ils étaient tout
à coup face à face : ils formaient une communauté,
même si elle s’étendait d’un bout à l’autre
du pays.
Les agriculteurs étaient les plus fascinants. Bien souvent, c’était
la famille tout entière qui s’exprimait et qui posait des
questions. Les écoutant avec admiration, je pouvais sentir la fierté
et la compétence dans leurs observations. Ils s’intéressaient
aux produits de la meilleure qualité, ils connaissaient leur terre
et ils s’efforçaient d’apporter des changements importants
et concrets qui reflétaient des idéaux provocateurs et novateurs.
La bonne intendance de l’environnement était mentionnée
dans le même souffle que les pratiques exemplaires pour la récolte
et l’entreposage des pommes. Ils étaient des gens d’affaires
avisés, armés d’une révérence envers
leur terre.
Le sol est la clé; je repense à la richesse de la terre
alors que je traversais les marais de Trantramar et à la promesse
qu’elle a tenue pour nos ancêtres. Nous aurions, dans le passé,
cultivé notre propre nourriture ou nous l’aurions achetée
ou échangée avec un agriculteur de la place, souvent au
bord de sa clôture. Nous connaîtrions les agriculteurs, leurs
pratiques et l’intendance de leurs terres. Dans l’économie
d’aujourd’hui, la clôture de la ferme pourrait être
en Colombie-Britannique ou dans le monde entier. La certification biologique
signifie que nous pouvons connaître les pratiques de l’agriculteur
et qu’une norme régit ces pratiques. Nous pouvons «
connaître » notre agriculteur et « savoir » comment
nos aliments sont cultivés. La certification biologique fait naître
un sentiment de communauté et de coopération à la
grandeur du pays.
Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir? Les participants
qui quittaient la conférence revenaient à la maison un peu
mieux renseignés et éclairés. De la ferme au magasin,
du transformateur au consommateur, l’agriculture biologique se développe,
se transforme et progresse, ce qui crée un impact sur notre nourriture,
sur la santé de l’environnement et sur nos idéaux.
Elle grandit et elle évolue comme une famille en santé.
Ce jour-là, tandis que je m’éloignais de Memramcook,
je pensais aux agriculteurs et à leur passion pour la terre. Je
songeais aux régions rurales qu’ils représentaient
et au sens de la coopération et de la famille qu’ils ont
transmis aux citadins grâce à leurs fruits et légumes
biologiques. J’ai réalisé que Memramcook était
l’emplacement idéal pour la conférence de l’ACORN
: un petit village qui prend soin d’une communauté plus grande,
d’envergure nationale. Memramcook incarne le sens de la coopération
et de la communauté qui caractérise l’agriculture
biologique.
Margaret Savard travaille pour le Centre d’agriculture biologique
du Canada. Veuillez adresser vos commentaires ou vos questions par téléphone
au 902-893-7256 ou par courriel à oacc@nsac.ca
C’est avec plaisir qu’Agriculture et Agroalimentaire
Canada (AAC) participe à ce projet. En collaboration avec des partenaires
du secteur, AAC s’engage à sensibiliser davantage les Canadiennes
et les Canadiens à l’importance de l’industrie agricole
et agroalimentaire du pays. Les opinions exprimées dans ce document
sont celles du CABC et non pas nécessairement celles d’AAC.
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Affiché en novembre2008
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