
Les couvre-sols, pour ne rien laisser passer
Par Gisela Duerr et Brenda Frick
Le Centre d'agriculture biologique du Canada collabore avec Jill Clapperton
et Michael David du Centre de recherches de Lethbridge et avec Dean Spaner
de l'Université de l'Alberta à un projet visant à
mettre au point des mélanges de couvre-sol convenant aux Prairies
canadiennes.
Les
couvre-sol représentent un outil valable pour les systèmes
de culture. Les couvre-sol sont généralement semées
après que d'autres cultures de printemps ont été
récoltées et enfouies dans le sol avant d'avoir eu le temps
de monter à la graine. Elles constituent une solution de rechange
utile à la jachère d'été, ayant le potentiel
d'enrichir la matière organique et les nutriments du sol tout en
permettant à l'humidité de se régénérer.
Diverses espèces présentent des caractéristiques
différentes qui leur donnent leur utilité comme couvre-sol.
Les légumineuses vivaces et annuelles servent d'hôtes
à des bactéries qui fixent l'azote. Les plantes à
racines profondes améliorent le drainage et l'infiltration d'eau
dans le sol. Elles transportent également vers le haut des éléments
nutritifs du sous-sol.
Les cultures à croissance rapide peuvent augmenter la matière
organique, empêcher la perte d'éléments nutritifs
et limiter la prolifération des mauvaises herbes. Les espèces
végétales différentes des cultures commerciales peuvent
perturber les cycles des parasites et des maladies.
Les mélanges de différentes espèces offrent des possibilités
intéressantes de combiner certaines caractéristiques souhaitables,
et de réduire les risques liés à d'autres caractéristiques
indésirables. Par exemple, un mélange avoine-pois allie
l'avantage de fixer l'azote d'une légumineuse avec la croissance
rapide d'une céréale. L'avoine offrira un soutien aux pois
grimpants, et réduira la verse.
La nouvelle étude portant sur les couvre-sol inclut quinze mélanges
de graines, et un total de dix-huit cultures différentes. L'avoine
offre une couverture fiable et peu coûteuse, avec une bonne capacité
de réprimer les mauvaises herbes. L'avoine est étudiée
avec les pois fourragers, la féverole, la vesce velue, la vesce
laineuse, le trèfle incarnat, le trèfle de Perse, le lupin
et la gesse. La féverole et le lupin sont les champions de la fixation
de l'azote quand l'humidité est abondante. Le lupin produit une
racine pivotante profonde et acidifie le sol, augmentant ainsi la disponibilité
du phosphore. La gesse est une légumineuse qui utilise très
efficacement l'eau, ce qui veut dire qu'elle peut produire
une grande quantité de biomasse dans des conditions sèches.
La vesce velue ameublit le sol et contribue au cycle du phosphore. La
vesce laineuse peut produire une grande quantité de matière
organique.
Le sorgho-herbe du Soudan est une plante de saison chaude à croissance
rapide ayant le potentiel d'ajouter de grandes quantités de matière
organique au sol. Elle possède un système racinaire agressif
qui peut briser efficacement les semelles de labour et les couches plus
dures du sous-sol. Le sorgho-herbe du Soudan se mélange au sarrasin
et à la crotalaire (chanvre de Bengale ) ou au trèfle semeur
(trèfle souterrain), et au dolique. La crotalaire est une légumineuse
tropicale qui supprime les nématodes, résiste à la
sécheresse et est associé à des niveaux élevés
de fixation de l'azote. Le trèfle semeur représente est
un excellent outil pour empêcher les mauvaises herbes de proliférer
et une bonne source d'azote. Cette plante est exempte des principales
maladies et relativement résistante à l'assaut des
sauterelles. Le dolique est une légumineuse qui aime la chaleur
et tolère la sécheresse et une faible fertilité du
sol. Le dolique se développe rapidement dans les sols chauds et
attire beaucoup d'insectes utiles.
L'étude examine également trois espèces latifoliées
relativement inconnues. La phacélie est une plante annuelle qui
possède un imposant système de racines fibreuses. Elle est
excellente pour améliorer la texture du sol et une merveilleuse
plante pour attirer les abeilles. La chicorée fourragère
est une plante résistante à la sécheresse avec un
système racinaire profond. Elle peut mobiliser les minéraux
du sous-sol. La phacélie et la chicorée fourragère
sont résistantes aux sauterelles. Le radis huileux possède
un système de racines semblable à celles de la chicorée.
En outre, il acidifie le sol et augmente la disponibilité du phosphore.
Au commencement, cette étude déterminera lesquelles, parmi
ces cultures, conviennent bien aux conditions des Prairies. On poussera
plus loin l'étude de ces plantes prouvent qu'elles
en valent la peine pour déterminer les taux de semis et les méthodes
d'établissement appropriées, et pour optimiser les mélanges.
Nous espérons que ce travail permettra d'offrir plus de choix
aux producteurs pour construire et améliorer le sol de manière
biologique, et à conserver son potentiel arable.
Gisela Duerr, Ph.D., est une chercheuse associée du Centre d'agriculture
biologique du Canada, au Centre de recherche d'Agriculture et agroalimentaire
Canada de Lethbridge. On peut communiquer avec elle au 403-317-3375 ou
par courriel : duerrg@agr.gc.ca.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du
Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d'agriculture
de l'Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait
recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel
: brenda.frick@usask.ca.
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