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Réduire le risque de picage de plumes chez les pondeuses dans la production d'oeufs biologiques

Centre d'agriculture biologique du Canada

La fréquence et les conséquences du picage de plumes dans les opérations de production d’œufs biologiques menacent sérieusement la santé et le bien-être des pondeuses. Le picage même produit une douleur et une souffrance intense et il en résultera vraisemblablement du cannibalisme, une croissance de la mortalité et, éventuellement, une réduction des profits pour le producteur. Dans les opérations de type conventionnel, la mesure préventive standard a été traditionnellement de tailler le bec. La Norme nationale sur les Systèmes de production biologiques permet également cette pratique, mais seulement si cela est absolument nécessaire et après que toutes les autres méthodes préventives aient été appliquées et documentées.   En se basant sur une recherche menée en Europe, là où la taille du bec sera complètement interdite en 2011, le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC) a publié un feuillet de documentation qui décrit, étape par étape, de nombreuses méthodes de gestion qui contribuent à diminuer la fréquence du picage de plumes. Se penchant principalement sur les conditions de logement et les rations d’aliments, la publication tente de fournir aux producteurs les outils et l’information nécessaires pour créer des environnements qui préviendront ou, à tout le moins, minimiseront le besoin de procéder à une altération physique.

Les conditions de logement et d’élevage conçues pour favoriser les comportements naturels et minimiser le stress sont inextricablement liées à la réduction de la fréquence du picage de plumes. La recherche européenne a démontré que 79% de la variation dans l’observation du picage de plumes dans les bandes de volailles biologiques était liée aux conditions de vie.  Par conséquent, il est vital et important de créer des conditions de logement optimales, dans le bon ordre, depuis le premier jour de la vie du poussin.

Le feuillet du CABC cite en exemple plusieurs éléments de l’aménagement du logement qui favorisent les comportements naturels. Par exemple, les opérateurs peuvent favoriser le perchage en offrant l’accès à des perchoirs dès le dixième jour, et pas plus tard qu’après quatre semaines de vie. La dispersion des grains dans la litière dès le premier jour de vie encouragera les oiseaux à fourrager et gratter le sol au lieu de becqueter leurs semblables. Il est aussi crucial de créer des conditions qui favorisent l’utilisation d’aires extérieures. L’acclimatation hâtive aux aires extérieures et l’incorporation d’arbustes et d’arbres dans ces aires comptent parmi les pratiques qui poussent les oiseaux à sortir du poulailler. La recherche montre que lorsque plus de 66% des oiseaux utilisent les aires extérieures, l’incidence des cas graves de picage de plumes est pratiquement éliminée.

L’article souligne également les nombreuses conditions qui peuvent générer des niveaux de stress élevés dans les bandes de volaille. Les pondeuses qui sont « stressées » seraient davantage enclines au picage de plumes. Le déménagement des poulettes du poulailler d’élevage vers un poulailler de ponte complètement inconnu est l’une des opérations au cours desquelles les oiseaux immatures peuvent ressentir une anxiété aigue. Le producteur doit aménager et pourvoir les deux poulaillers d’abreuvoirs similaires afin de faciliter la transition. Le surpeuplement est une autre pratique de gestion qui devrait être évitée. Il est recommandé de maintenir une densité maximale de 10 oiseaux par m2 dès que les poulettes atteignent l’âge de quatre semaines. De plus grandes densités de logement provoqueront une hausse des niveaux de stress car les oiseaux se feront concurrence pour les espaces dans la litière, aux bacs d’alimentation et aux abreuvoirs.

Le picage de plumes a aussi été observé dans les opérations où le type et la qualité de la ration alimentaire sont pauvres ou inadéquats. Par exemple, la recherche a démontré que les éclosions de picage sont plus susceptibles de survenir lorsque les rations alimentaires ont des teneurs basses en protéines, en minéraux ou en acides aminés. De même, on dit que les oiseaux qui ont des déficiences en phosphore et en sodium sont plus enclins à adopter des comportements cannibalesques. La texture de la ration peut aussi influer sur les modèles de comportements. Nourrir les poulets avec des purées plutôt qu’avec des granulés augmente le temps qu’ils prennent à se nourrir au lieu de becqueter les membres de la bande.

 Le CABC a publié un feuillet de documentation, Réduire le risque de picage de plumes chez les pondeuses dans la production d’œufs biologiques, qui fournit aux fermiers des exemples de pratiques de gestion préventive qui diminuent l’incidence du picage de plumes et, ultimement, le besoin de recourir à la taille du bec. Mais pour les opérations de production d’œufs biologiques à large échelle, les pratiques suggérées peuvent être logistiquement et économiquement difficiles à implanter. Cependant, les coûts investis pour éviter le picage de plumes peuvent être moins élevés que les coûts associés aux conséquences du picage de plumes, tant du point de vue financier que du point de vue du bien-être de l’animal. La grande priorité d’un producteur d’œufs biologiques devrait donc être, dans la mesure du possible, de créer pour les volailles un environnement qui minimise les comportements anormaux, avant que ces comportements ne soient plus corrigibles que par une modification physique. 

Pour plus d’information, veuillez vous référer au feuillet de documentation du Groupe de travail sur le bien-être animal, Réduire le risque de picage de plumes chez les pondeuses dans la production d’œufs biologiques.


Rédigé par Tanya Brouwers pour CABC. Pour plus d’information : 902-893-7256 ou oacc@nsac.ca.


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Affiché en août 2010

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