
Commercialisation des céréales 101
par Mark Bernard
La commercialisation des céréales biologiques est très
différente de celle des céréales traditionnelles,
car la plupart du temps, les céréales biologiques sont vendues
ou ont un marché garanti avant d’être récoltées,
et même parfois avant d’être semées. La rédaction
d’un article à cette période de l’année
pourrait donc être considérée tardive pour cette saison
ou vraiment précoce pour la prochaine saison de production céréalière.
D’une façon ou d’une autre, j’espère que
vous pourrez prendre les renseignements qui vous semblent pertinents et
qui présentent un intérêt pour votre exploitation.
Lorsque je parle avec un agriculteur, le prix pourrait bien être
le plus gros problème soulevé. Les céréales
ou les denrées biologiques se sont toujours vendues plus cher que
les produits traditionnels. Il reste encore à savoir à combien
s’élève cet écart et quel est le prix final
des céréales. Les facteurs qui influenceront le coût
et qui détermineront le prix de vente des céréales
sont nombreux.
Premièrement, vous ne pourrez pas survivre si vous vendez vos
céréales à un prix inférieur à votre
coût de production. Cela dit, vous devez connaître votre coût
de production. Ce coût variera pour chaque ferme et la plupart des
renseignements sur le coût de production qui sont diffusés
sur Internet sont des repères ou des guides sur lesquels vous pouvez
vous appuyer. Prendre conscience de tous les coûts engendrés
permettra à l’agriculteur de partir de la base la plus exacte
pour fixer ses prix.
Deuxièmement, vous devez pouvoir convaincre l’acheteur des
raisons qui font que votre produit en vaut le prix. La qualité
des céréales rajustera le prix selon le marché visé.
La quantité est également un facteur important dans la fixation
du prix. Le prix peut exiger, au préalable, un nettoyage des céréales
jusqu’à une certaine catégorie ou une analyse de la
teneur en protéines sur des échantillons. La faculté
d’entreposer adéquatement les céréales vous
donne des options et peut vous permettre d’attendre de conclure
une meilleure affaire, mais elle fera augmenter le coût des céréales
puisqu’elles devront être moulées et peut-être
aérées.
Vous devez ensuite connaître l’acheteur. La plupart d’entre
eux veulent acheter à bas prix, tandis que le vendeur attend le
gros prix. Commencez tôt à tisser des liens avec l’acheteur;
prenez conscience de la qualité de céréales désirée
et du travail requis pour combler cette attente. Invitez l’acheteur,
si possible, dans le champ afin qu’il voie la culture grandir. Selon
l’acheteur, une partie des sous-produits, comme le fumier, pourrait
revenir à votre ferme. Soyez également conscient de la quantité
de céréales cultivées par les autres agriculteurs
de votre région qui sont destinées au même marché,
mais à une échelle trop petite pour être expédiées
à un coût abordable. Cela peut permettre à l’acheteur
ou au(x) vendeur(s) de réaliser des économies supplémentaires.
Planifiez tôt en vue de la saison de croissance. Discutez avec
des acheteurs potentiels et avec d’autres agriculteurs des types
de culture que vous pourrez produire dans votre rotation donnée.
Les meuneries ou les provenderies, qui ont besoin d’un approvisionnement
constant, doivent planifier longtemps à l’avance. Découvrez
ce qui les intéresse et informez-les de vos intentions afin de
leur permettre de mieux planifier leur production.
Même si le prix n’est qu’un des nombreux éléments
de la commercialisation des céréales biologiques, c’est
généralement le premier sujet de discussion. Il est important
d’adopter une approche bien équilibrée de la vente
de vos céréales en commençant par offrir un produit
de la meilleure qualité possible. Dans les prochains bulletins,
nous allons nous aventurer sur d’autres sujets, dont les différentes
sortes de production de céréales biologiques.
L’un des projets du Maritime Organic Grains Network consiste à
dresser un répertoire de la superficie consacrée aux céréales
biologiques dans les Maritimes. Ce répertoire permettra à
tous les cultivateurs et à tous les transformateurs de la région
de mieux planifier leurs productions. Les éleveurs de bétail
et les transformateurs de céréales sauront où se
procurer tel ou tel grain, ce qui leur permettra de planifier des années
à l’avance.
Mark Bernard est coordonnateur de la recherche à l’Î.-P.-É.
pour le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC). Il se
fera un plaisir de répondre à vos commentaires ou à
vos questions. Veuillez le joindre par courriel à oacc@nsac.ca
ou par téléphone au 902-893-7256.
English
Affiché en novembre 2008
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