
Compétitivité du blé dans l’agriculture classique
et biologique : un tour d’horizon
H. E. Mason et D. Spaner
Le blé (Triticum aestivum L.) est la plante la plus
cultivée au monde (dans plus de 115 pays). L’agriculture
biologique, système de production supposant une réduction
des intrants externes afin de préserver l’écosystème,
peut se définir comme une pratique où l’emploi d’engrais
synthétiques, de pesticides chimiques et d’organismes génétiquement
modifiés est prohibé.
Cette pratique gagne de plus en plus en popularité et la superficie
des terres cultivées de cette manière a crû de 60
% entre 2000 et 2004, sur la planète. Les contraintes associées
à la production de céréales biologiques comprennent
la baisse de rendement attribuable aux carences d’éléments
nutritifs dans le sol et la concurrence des mauvaises herbes.
Au cours des 90 dernières années, les efforts internationaux
d’amélioration du blé se sont concentrés sur
la hausse du rendement et les paramètres de qualité; au
Canada, on s’est également beaucoup intéressé
à la résistance aux maladies ainsi qu’à la
qualité du grain.
Cultivées de manière biologique, c’est-à-dire
sans grand apport d’intrants, il se pourrait que les variétés
de blé sélectionnées avant l’avènement
des engrais et des pesticides chimiques donnent des résultats différents
de ceux observés avec les systèmes agricoles usuels, nécessitant
des intrants en abondance. La hauteur, la précocité, le
tallage et la surface foliaire sont autant de caractéristiques
susceptibles de conférer une plus grande compétitivité
au blé dans les systèmes de production biologique.
Les paramètres des racines pourraient aussi modifier la compétitivité,
surtout lorsqu’on utilise peu d’intrants, et il faudrait intensifier
les recherches dans ce domaine. L’identification d’un idéotype
compétitif aiderait les phytogénéticiens à
créer des cultivars de blé compétitifs.
Les variétés donnant un meilleur rendement dans les systèmes
qui utilisent peu d’intrants ou celles plus compétitives
avec les adventices pourraient aider les producteurs qui pratiquent ce
type d’agriculture à surmonter certaines des difficultés
associées à la culture biologique du blé.
Source
Canandian Journal of Plant Science (2006) 86: 333–343
Department of Agricultural, Food and Nutritional Science,
4-16D Agriculture/Forestry Centre, University of Alberta, Edmonton, Alberta,
Canada T6G 2P5.
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