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La biologie du recrutement des adventices annuelles d’hiver au Canada

S. Z. H. Cici et R. C. Van Acker
Department of Plant Agriculture, University of Guelph, Guelph, Ontario, Canada N1G 2W1

Résumé
Habituellement, quand ils gèrent leurs cultures , les agriculteurs canadiens prennent surtout pour cible les adventices annuelles d’été. Cependant, l’évolution des systèmes agricoles et le changement climatique exigeront qu’on se penche de plus en plus sur les espèces présentes très tôt au printemps, notamment les adventices annuelles d’hiver. Mieux connaître la biologie du recrutement des mauvaises herbes et la levée de ces dernières pourrait nous guider dans les
méthodes de lutte.

Les auteurs ont passé en revue ce qu’on sait sur la biologie du recrutement des adventices annuelles d’hiver au Canada. Leur principale constatation est que les grandes adventices annuelles d’hiver canadiennes sont toutes de type facultatif, la majorité levant durant deux périodes, soit d’avril à mai et de septembre à octobre.

En ce qui concerne les adventices examinées dans le cadre de cette étude, on remarque que l’information sur la biologie du recrutement et sur les
semences laisse considérablement à désirer; dans quelques cas, très peu a été publié, notamment sur la température de base essentielle à la germination, les périodes de levée relevées sur le terrain et les données qui permettraient de créer de simples modèles pour prévoir l’évolution de la population comme la fertilité (x environnement), la longévité des graines et la probabilité de survie à l’hiver.

Cette remarque s’applique particulièrement aux milieux agricoles canadiens. L’étude a suscité plusieurs questions, une des principales étant de savoir si la levée printanière et la levée automnale engendrent des différences notables dans les paramètres biologiques fondamentaux des adventices annuelles hivernales, par exemple la dormance des semences, les contraintes associées aux niches écologiques, la phénologie, la vigueur des plantes et leur compétitivité.

Puisqu’aucune des adventices hivernales du Canada n’est constitutive et puisque le climat est en train de changer, les agriculteurs canadiens auraient intérêt à ne pas inciter les annuelles d’été à devenir des annuelles d’hiver. Négliger la lutte automnale contre les mauvaises herbes, notamment par le travail du sol et l’ensemencement répétéde cultures annuelles d’hiver, favorisera un comportement d’annuelle d’hiver facultative. D’autre part, les agriculteurs devraient surveiller l’arrivée de peuplements d’annuelles d’hiver persistantes comme la stramoine, le céraiste vulgaire et la dracocéphale d’Amérique.


Source
Canadian Journal of Plant Science (2009) 89: 575-589


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